
Le salon parisien scinde désormais officiellement ses deux rendez-vous annuels. L’édition de janvier devient Maison&Objet Premier, dédiée au savoir-faire et au design de prestige. Celle de septembre, elle, devient Maison&Objet Pulse, tournée vers l’expérimentation, l’émergence, le mouvement. Et cette année, la plateforme digitale du salon, MOM, fête même ses 10 ans, avec un MOM Village dédié pendant l’édition.
Concrètement, ça se passe du 10 au 14 septembre à Paris Nord Villepinte, avec près de 1 700 marques venues de 49 pays réparties en sept secteurs. Et juste à côté, la Paris Design Week s’étale du 10 au 19 septembre dans tout le Marais.
Bref, la rentrée déco commence sérieusement à s’agiter. On a évidemment jeté un œil à ce qui se prépare.
Pas question de vous sortir la liste exhaustive des nouveautés, avec 1 700 marques, on vous perdrait en chemin (et on se perdrait nous-mêmes). On a plutôt repéré ce qui nous donne vraiment envie d’aller voir de plus près.
C’est le fil rouge de cette édition, imaginé avec le bureau de style NellyRodi : une invitation à sortir de l’attentisme, à retrouver une dynamique commune. Le mouvement peut se lire dans les formes, les usages, les matières, les couleurs, ou dans la façon dont les objets s’installent chez nous.
Entre un thème de salon et un objet qu’on a vraiment envie de poser à la maison, il y a parfois un monde. C’est justement ce qu’on aime dans ce genre de rendez-vous : se laisser surprendre par ce qui va, ou non, traverser l’écran.
Pour incarner « Pulse in Motion », Maison&Objet a choisi le studio Masquespacio (Valence, Espagne) comme ambassadeur, identité visuelle de l’édition, affiche officielle, deux installations sur le salon et une troisième en ville pendant la Paris Design Week. Le duo est connu pour ses univers ultra colorés, ses formes généreuses, une esthétique qui pioche allègrement du côté Memphis.
On a un petit sourire en coin en écrivant ça. Notre tout premier article de L’œil de MYLO s’appelait « Le beige n’est pas une obligation ». Alors voir une édition entière du plus gros salon déco d’Europe miser sur la couleur et l’énergie… on ne va clairement pas s’en plaindre.

C’est la première chose qu’on ira observer. Les couleurs ont clairement repris leur place ces dernières saisons, la question, c’est comment elles vont être utilisées. En petite touche ? En association improbable ? Ou carrément en pièce maîtresse ?
Chez MYLO, on a déjà un léger biais sur le sujet. La lampe Freddy et son jaune bien assumé n’a jamais été pensée pour se planquer dans un coin. Les bougeoirs Moby jouent la même carte. Et il y a les vases : le Brioche, le Burger, le Goldfish, le Fusilli, des objets qui nous rappellent qu’un objet déco a le droit d’être drôle, surprenant, ou juste joyeux, sans se justifier.

Autre chose à surveiller : la place de l’objet purement fonctionnel. On a longtemps voulu qu’un bel objet soit avant tout pratique. Mais il y a de plus en plus d’objets qui ne servent pas à grand-chose, à part nous faire plaisir, ou nous faire sourire.
C’est une direction qu’on retrouve chez plusieurs jeunes créateurs mis en avant cette année via Future On Stage : Risette imagine des objets lumineux interactifs et personnalisables, LightMass (porté par RAW-Edges) travaille la lumière comme une matière à part entière. Deux approches différentes, un même réflexe : regarder l’objet autrement. C’est exactement ce qu’on essaie de faire chez MYLO, à notre échelle.
On gardera aussi un œil sur les luminaires, pas seulement parce qu’on aime les jolies lampes (même si, avouons-le, ça compte un peu). Mais parce que la lumière est de plus en plus pensée comme une partie du décor à part entière, presque sculpturale, plutôt qu’un simple point lumineux.
Une lampe Hélium ou une lampe Méduse ne sont pas là que pour éclairer. Elles participent à l’ambiance, attirent le regard, et suffisent parfois à transformer un coin de pièce entier.
Après des mois à consommer de la déco uniquement en photo sur nos écrans, on a sans doute tous un peu envie de retrouver des matières qu’on a envie de toucher. Le bois, le métal, la céramique, le verre, les savoir-faire artisanaux, une texture, un reflet, une petite irrégularité qui rend un objet beaucoup plus attachant qu’une surface parfaite.
Ce qu’on préfère dans un salon comme celui-ci, ce sont les découvertes : les marques qu’on ne connaît pas encore, les stands devant lesquels on s’arrête sans trop savoir pourquoi. Le Design District, piloté par le collectif Hall Haus, donne cette année une belle place aux jeunes créateurs.
Parmi eux : Baguette Studio travaille la cire végétale et la cire d’abeille pour des luminaires remodelables, Risette joue avec l’interaction et la couleur, LightMass explore la relation lumière-matière-espace. On ne sait pas encore lequel nous fera vraiment de l’œil. C’est peut-être ça, le plus intéressant.

En regardant le programme, on s’est amusés à faire quelques rapprochements avec ce qu’on a déjà choisi pour la boutique : la couleur, les formes inattendues, la lumière comme élément à part entière, le goût pour les objets qui ne se prennent pas trop au sérieux.
Ce ne sont évidemment pas des prédictions, on n’a pas de boule de cristal planquée derrière la caisse. Mais ça fait toujours un petit effet de voir que ce qu’on aime déjà se retrouve dans les conversations qui traversent aujourd’hui le monde du design.
Avant de partir, voici ce qu’on va surveiller de près :
C’est probablement ce qu’on va préférer.
Rendez-vous après Maison&Objet Pulse. On reviendra vous raconter ce qui nous a vraiment marqués, les objets devant lesquels on se sera attardés, les designers qu’on aura envie de suivre, et, avec un peu de chance, quelques surprises qui auront trouvé leur chemin jusque chez MYLO.
D’ici là, on vous laisse avec la question :
Nous, on a quelques idées. Mais on préfère aller voir.
L’œil de MYLO, regarder, découvrir, partager
MYLO · 8 Place des Frères Lamennais · Saint-Malo Intra-Muros
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